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25 décembre – Nativité du Seigneur

Note historique :

Noël est une fête chrétienne appelée Nativité célébrant chaque année la naissance de Jésus de Nazareth. Au IVe siècle, le 25 décembre a été choisie comme date pour la fête de Noël, principalement dans le but de la substituer aux fêtes païennes qui étaient d’usage à l’époque.
Dans une allocution du 16 décembre 2004, Jean-Paul Jaeger, évêque d’Arras explique le choix d’une date proche du solstice d’hiver :
« Les évangélistes dont un sur quatre seulement propose un récit de la naissance de Jésus étaient bien incapables d’en situer la date exacte. Excellente pédagogue, l’Église, en Occident, a fixé en 353 la célébration de Noël au moment de la fête païenne du solstice d’hiver. Le signe est magnifique. Les rayons du soleil sont au plus bas de leur déclin. Progressivement le jour va s’imposer à la nuit. La lumière va triompher. Le Christ naissant est alors loué et accueilli comme la lumière qui brille dans les ténèbres, comme le jour qui se lève sur l’humanité engourdie et endormie. Il est le jour nouveau qui pointe à minuit.
Cette métaphore du Christ identifié à une lumière nouvelle qui va éclairer le monde est déjà présente dans l’évangile de Jean (8:12). Elle est reprise fréquemment dans les homélies du temps de Noël, par exemple celle du pape Benoît XVI à l’occasion de Noël 2007 : “Dans l’étable de Bethléem, le ciel et la terre se rejoignent. Le ciel est venu sur la terre. C’est pourquoi, de là émane une lumière pour tous les temps ; c’est pourquoi, là s’allume la joie”.
L’association de la mémoire d’une naissance a facilité la place centrale prise par la famille dans le sens et le déroulement de cette fête. L’Église catholique romaine insiste par exemple sur cet aspect depuis l’instauration en 1893 de la fête de la Sainte Famille, le dimanche suivant le 25 décembre.

Jeudi, 25 décembre 1941

La veille de la fête, pendant l’office, Marie est accaparée par la pensée que les mystères de notre salut ont commencé quand le Verbe a pris avec lui notre nature humaine en sa Personne de Fils de Dieu, dans le sein de la vierge Marie. C’est pour cela que la Sainte Humanité du Christ assume en elle toutes nos misères et nos limites. C’est là son sacerdoce, et ce sacerdoce est pour la gloire avant d’être pour l’expiation.

« Dès sa conception, le Christ exerce son sacerdoce de gloire, et dès sa naissance, à ce sacerdoce de gloire s’ajoute le sacerdoce d’immolation et d’expiation – mais le sacerdoce de gloire n’en souffre aucun détriment, ni suspension, ni diminution : la Sainte Humanité du Christ n’est pas moins celle du Fils, ni moins référée au Père, du fait de sa naissance à notre condition terrestre. S’il daigne devenir passible et mortel (= sujet d’expiation et d’immolation), ayant assumé notre nature déchue afin de porter en Lui-même notre bassesse de créature (qu’Il participe) et notre souillure de pécheurs (qu’Il revêt, mais sans participer au péché) […] – cela ne porte nulle atteinte à la splendeur, à la pureté, à la perfection, à la gloire de sa Filiation éternelle, à la majesté et sainteté dans laquelle est assumée sa nature humaine – et par laquelle son sacerdoce se réfère au Père et à Dieu. » (Carnet, t.1, Les grandes grâces, Cerf, p. 406)

Durant la messe de l’Aurore, c’est sur le sacerdoce de gloire et le sacerdoce terrestre que se fixe l’attention de Marie de la Trinité. Elle constate que ces deux sacerdoces sont conjoints et non simultanés parce qu’ils proviennent de l’unique sacerdoce du Christ, qu’ils sont, conjointement, le même sacerdoce :

« Et cela me jette dans la stupeur ! en même temps cet unique sacerdoce purifie par le Précieux Sang la boue la plus sordide, fétide, puante, abjecte : tout ce qu’il y a de plus écœurant et repoussant à Dieu dans le péché – et rend au Père une adoration infinie, pleinement digne de cette ineffable Paternité, égale à la majesté de la Déité. » (id. p. 407)

On pourrait avoir l’impression, en lisant ces lignes, que Marie éprouve toujours le besoin de s’amoindrir pour faire ressortir, par contraste, la majesté divine. C’est une attitude qui était assez partagée à cette époque mais qui correspond aussi, chez Marie de la Trinité, à ses difficultés personnelles qui se concentrent dans le conflit d’identité et d’obéissance.
Quoiqu’il en soit, ce « parasitage » ne trouble pas les intuitions théologiques de Marie qui est bouleversée par l’action du sacerdoce, à la fois présent et opérant dans la boue sans rien perdre de sa fonction adoratrice.

« La filiation est un état – l’immolation est un passage. Toute créature est apte à la filiation et destinée à l’immolation (pour le passage du créé au divin, du terrestre au céleste) […]. Comme nous sommes créatures, nous devons tous passer par l’immolation : c’est une nécessité de notre condition.
La filiation est au-dessus de notre condition, elle nous est proposée – et c’est par liberté de foi et d’amour que nous y acquiesçons – nous ne pouvons pas nous y élever, mais il dépend de nous de la recevoir, comme il a dépendu de la Bienheureuse Vierge Marie de dire : “Fiat” Lc 1,38. C’est à cause de cette condition de créature que tous passent par l’immolation – qu’ils soient participants ou non de la filiation adoptive. […]
Ainsi tout se ramène à la filiation et au sacerdoce pour être, par le Verbe Incarné, référé et uni au Père et à Dieu – et tout dépend de notre attitude à l’égard de la filiation et du sacerdoce – et cette attitude même est un don de l’Esprit Saint. »
(id. p. 409)

Dans notre vie avec Dieu, tout commence par le sacerdoce et la Filiation et, ajoute Marie de la Trinité : « cela commence même plus bas que le sacerdoce et la Filiation, cela commence dans la créature souillée par le péché originel et la multitude de ses péchés personnels : “relevant de terre l’indigent, et du fumier faisant monter le pauvre, afin de le placer avec les princes” Ps 112,7-8 » (id. p. 410)

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