Décor

Pâques

Fête de Pâques

Historique

A l’origine, la Pâque est une célébration juive commémorant la sortie d’Égypte et la libération des Hébreux de la servitude. Cette fête était marquée par le sacrifice de l’agneau dans le Temple. Après la destruction du Temple, en 70, le repas pascal se déroula dans les familles où l’on faisait rôtir un agneau que l’on mangeait au coucher du soleil. Le terme de « la Pâque » désignait à la fois la fête, le repas, et l’agneau qu’on immolait.
Jésus a célébré la Pâque avec ses disciples avant de mourir sur la croix. Par son sang, Jésus, l’Agneau de Dieu, a délivré les hommes du péché.
C’est au cours du repas pascal que Jésus a institué l’Eucharistie.
La liturgie chrétienne a institué une célébration nocturne avec le passage des ténèbres à la lumière, pour célébrer, au matin de Pâques, la Résurrection de Jésus : passage de la mort à la vie nouvelle.

Samedi saint, 12 avril 1941 (Carnets, I Les Grandes grâces, (11 août 1929 – 2 février 1942), Cerf, 2009, p.180-181)

En 1941, la liturgie pascale ne comportait ni veillée, ni messe de la nuit. Le samedi soir, donc, Marie se rend à l’église de son couvent pour l’examen de conscience, elle s’agenouille à l’autel du Sacré Cœur ce qui lui est habituel, et là, reçoit cette parole intérieure :

« Consacre-toi à ma gloire. »


Elle ne comprend pas très bien ce que cela peut signifier. Elle ne voit que son indigence et sa souillure, « et je restais là, sans savoir que faire – disant bien : “oui”, mais ne voyant pas comment. Avant de sortir de l’église, comme je faisais la génuflexion devant le maître autel, le Seigneur Jésus me dit : “… dans mon sacerdoce”. »
Quelques jours plus tard, Marie comprend ceci :
« Le Père reçoit toute gloire du Fils … puisque le Fils est Fils selon la nature divine. Ensuite, c’est par le Sacerdoce que le Père reçoit toute gloire des créatures : sacerdoce que le Christ possède selon sa nature humaine, et qui a la puissance d’incorporer les créatures raisonnables au Fils Unique… » (Idem. p. 181)
Nous avons là, le point de départ de la profonde réflexion de Marie sur les dons de Filiation et de sacerdoce qui sont dons du Père à notre nature humaine.

Samedi saint, 4 avril 1942 (Inédit, carnet 8, p. 673/394)

Depuis plusieurs semaines, Marie de la Trinité est malade, elle ne quitte pas sa cellule. Elle profite de ce temps d’inactivité forcée pour commencer ses carnets en rassemblant toutes ses notes d’oraison.
Alors qu’elle ressent un immense désir d’être remplie de la compréhension des mystères divins, elle reçoit cette parole :

« Tiens-toi seulement bien vide. »


Et elle comprend ceci : « Qu’il ne plaît pas au Père que je m’inquiète des alternatives de réception et de silence, ni de la qualité des effusions divines, ni de leur mode – car cela relève à la fois de la miséricorde, de l’amour, et de la sagesse du Père à l’égard desquels l’adoration, l’action de grâces seules conviennent. Ni la réception n’est la preuve que j’ai été fidèle ; ni le silence le signe que le Père se détourne de moi et m’abandonne. »
Elle comprend que le Père est libre d’agir comme il lui plaît sans qu’elle soit dans l’inquiétude si les lumières se font rares mais en restant néanmoins attentive à ce qui peut surgir.

Dimanche des rameaux, 18 avril 1943 (Inédit, carnet 24, p. 2252/1340)

Marie de la Trinité vit une période difficile. Son directeur, le père Motte, inquiet pour sa santé et son équilibre nerveux, va bientôt lui demander de cesser d’écrire ses carnets (mesure qui sera annulée au bout de quelques mois). Marie note deux paroles reçues ; la première est celle-ci :

« Sois-Moi hostie, comme Je te suis Hostie »


Et la page de ce dimanche se termine par :

« Ta croix sera très lourde
mais Moi, je la porterai avec toi. »


Dimanche de Pâques, 9 avril 1944 (Inédit, carnet 27, p. 2476/1470)

Marie, en ce dimanche pascal, médite l’expérience de Marie-Madeleine qui, avant les apôtres, la toute première, fut gratifiée de la rencontre avec Jésus ressuscité. Elle voit que Marie Madeleine a reçu l’intelligence des paroles du Christ : « Ne me retiens pas ainsi, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver les frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Jn 20, 17)
« Marie Madeleine crut si vite et si totalement qu’elle reçut aussitôt la grâce de l’Ascension – [le mystère] de la Résurrection ayant produit d’un coup en elle tout son effet, grâce à son ouverture et à l’intensité de son adhésion. Aussi devait-elle, pour ce mystère de l’Ascension qui est relié à l’attraction du Père en Lui-même, directement, sans plus de moyens ni de détours, ni de figures, ni d’attente, dépasser la très sainte Humanité…
Les apôtres, au contraire, lents à croire, avaient besoin du témoignage des sens, et de ré-identifier dans leurs esprits l’Humanité ressuscitée à l’Humanité crucifiée – aussi restèrent-ils bien en deçà de Marie Madeleine – et ce ne fut que progressivement qu’ils donnèrent leur adhésion au mystère…
C’est pourquoi, à Marie Madeleine, le Seigneur Jésus dit : “Noli me tangere” (Jn 20, 17), parce qu’elle peut l’entendre – tandis qu’aux disciple,s il dit : “Palpate” (Lc 24, 39) »

Et Marie ajoute que Marie Madeleine porta vite le message aux frères et qu’ensuite elle s’enfonça dans le mystère.

Dimanche de Pâques, 1er avril 1945 (Inédit, carnet 35, p. 3170/1881)

« Face à face »


C’est par ces mots que Marie ouvre cette journée pascale, dans la fidélité à sa vocation intérieure alors qu’elle est déjà bien malade. Elle comprend qu’il était nécessaire que la Rédemption soit jointe à l’Incarnation. Car l’Incarnation était « destinée à s’étendre à tout le genre humain pour se l’incorporer » mais comme « nous étions tous des morts », il fallait la Rédemption pour que l’Humanité du Christ nous atteigne.
« Le Verbe incarné est médiateur, parce qu’il nous a atteints dans la mort : c’est le point de contact de son Humanité assumée à notre nature perdue… »

Mardi de Pâques, 23 avril 1946 (Inédit, carnet 35, p. 3240/1924)

A cette époque de sa vie, Marie de la Trinité est entrée dans son « épreuve de Job ». Elle n’écrit plus beaucoup, sa vie à Flavigny est difficile, les sœurs la tiennent à l’écart et pourtant, sa réflexion porte constamment sur les relations : entre les Personnes divines, entre Elles et nous.
« Le terme ultime, au-delà de la fin, c’est la relation ; l’immolation qui est passage d’une fin naturelle à une fin surnaturelle, est ordonnée à la Relation, et seule la rend possible. » Et c’est bien ainsi, dit Marie, car il faut qu’il y ait unité et similitude de perfection ultime depuis le sommet qui est l’Essence divine créatrice jusqu’à la créature humaine selon sa nature propre, sanctifiée par le don de sacerdoce Filial.
Il est intéressant de remarquer que Marie parle maintenant de sacerdoce filial comme si cette expression contenait la synthèse des dons que le Père fait à notre nature humaine : le sacerdoce immolant [sa] fin terrestre, à la sainteté du Père – et la Filiation [lui] conférant la participation aux Relations qui unissent les Personnes divines.

Top
Accueil  |  Plan du site  |  Association  |  Liens  |  Contact